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BATEAUX di MARE NOSTRUM


Le «Mourre-de-Pouar» ou «Bateau à Éperon»

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle et jusqu’aux environs de la Première Guerre Mondiale, le mourre-de-pouar est un élément essentiel du paysage maritime de la Provence. Le centre de gravité de sa répartition  géographique se situe à La Ciotat.

De fait La Ciotat se trouve être le plus gros producteur de ce type d’embarcation que l’on rencontre depuis Le Lavandou jusqu’au Grau-du-Roi.


Le mourre-de-pouar doit son appellation curieuse à la forme caractéristique de son étrave qui le classe dans la vaste famille des bateaux à éperon.


Il est le bateau de prédilection des petits pêcheurs. Il existe des unités de grande taille qui permettent une pêche loin des côtes et les bateaux-pilotes  du port de Marseille ne sont rien d’autres à cette même époque que des mourre-de-pouar d’une dizaine de longueur. C’est à bord de l’un de ces derniers, qu’en 1874 le futur romancier Joseph Conrad découvrira la mer et le monde maritime. La plaisance naissante s’approprie ce type de bateau et les années 1930 connaîtront encore des régates disputées par ce dernier.


Dès la fin du XIXe siècle, la suprématie du mourre-de-pouar est menacé par un autre bateau venu d’ailleurs et bientôt connu sous le nom de « barquette marseillaise ». Les derniers modèles sont construits vers 1920-1925 et les derniers subsistent jusqu’aux années 1960-1970.










À tout seigneur tout honneur, la barquette est considérée comme le bateau traditionnel de la Provence.


Beaucoup pensent qu’il est intemporel et le font même remonter jusqu’à l’Antiquité.


La vérité est plus prosaïque il s’agit d’un bateau créé à Marseille par une famille de charpentiers de marine venus d’Amalfi en Italie vers les années 1880.


Ce bateau était tellement réussi qu’il a supplanté tous les autres bateaux traditionnels de la région marseillaise, a gagné les autres ports voisins et a essaimé jusque dans le Languedoc et le pays niçois, la Corse et l’Afrique du Nord.


La barquette a connu un immense succès dans la pêche, dans la plaisance et même en tant que yacht de régate. Les premières barquettes motorisées voient le jour dès 1913.


Certaines sont dotées d’un roof pour la croisière côtière.


Les voilures les plus diverses ont été montées sur ces coques : voile latine, voile aurique de cotre, voile marconi.


La barquette marseillaise est symbolisée par son capian qui surmonte l’étrave ; elle est la signature du charpentier.


Il ne se construit malheureusement plus de barquettes mais quelques chantiers modernes seraient capables de lancer de nouvelles unités.


Le gourse de La Ciotat


Au XIXe siècle le mot « gourse » a autant de succès que « barquette » ou « pointu » de nos jours.


Les barques ainsi nommées sont d’une construction légère et simplifiée.


Le gourse est dépourvu de tout élément décoratif à la proue.


Ses formes sont peu pincées et dénuées de toute recherche esthétique.


La faible tonture rend aisée la pose des virures du bordé.


La construction en est rapide et peu onéreuse.


Mais les professionnels de la mer ne les apprécient pas trop. Pour eux, ce sont des bateaux d’amateurs.


Les gourses ne sont pas destinées à la voile  mais peuvent gréer à l’occasion une voile « charquié » (voile latine simplifiée) .


Les gourses fournirent les premières unités de la plaisance dès les années 1835. Les dernières unités construites à La Ciotat, l’ont été vers 1950.


Il existe également des gourses spécifiques à Toulon, à Marseille , à Cannes et à Nice (ces deux dernières sont employées au féminin).



    













La barquette de La Ciotat



La barquette de La Ciotat est une embarcation gracieuse à l’étrave élancée.


Elle fait le charmes des anciennes photographies et des cartes postales. On peut même la voir sur un des tout premiers films des frères Lumière. 


La barquette de La Ciotat diffère dans son allure de la barquette marseillaise et de toutes les autres barquettes rencontrées sur le littoral provençal..


Sa principale caractéristique esthétique pour le profane est son long capian recourbé vers l’arrière et d‘une forme très harmonieuse.


Les formes de cette embarcation sont vraisemblablement d’origine italienne : aujourd’hui certains « gozzi » ligures portent encore un capian recourbé vers l’arrière.. Ce n’est pas étonnant car de nombreux charpentiers de marine de La Ciotat  possédaient leurs racines  dans la région de Gènes. Nous ne citerons que la famille Coste, créatrice de nombreuses embarcations et yachts prestigieux.


La barquette de La Ciotat est exclusivement de cette cité. On en rencontrait une à Cassis et une à L’Estaque. C’est tout.


Cette embarcation de plaisance donnera à la fin du XIXe siècle au voilier de régate très controversé que nous connaissons sous le nom de « ciotaden ».


                                                                               

    









Le Ciotaden


Le ciotaden ne laisse personne indifférent avec son aspect inhabituel .


Il est beaucoup plus long à la flottaison qu’au niveau du pont et son étrave se prolonge par un très long capian en col de cygne.


Ces formes étranges lui donnent l’aspect des anciens navires cuirassés qui portaient un éperon immergé à la base de l’étrave.


Les raisons d’un tel dessin sont toutes simples : les règles de jauge de course en vigueur à La Ciotat en ces temps-là, ne prenaient en compte que la longueur au niveau du pont.  On voit tout de suite ce que les petits malins pouvaient en tirer.


La première participation d’un ciotaden en régate est mentionné dans un journal local en 1886.


Plusieurs unités répondant à cette description ont été construites, chacune surpassant la précédentes par des élancements inversés plus importants.


La discorde entraînée par les polémiques à son sujet sont à la base de la Société Nautique de La Ciotat en 1889.


Sa voilure était à houari, ce qui était nouveau à l’époque et sa surface était libre, ce qui entraîna là aussi une certaine exagération.















La bette


La bette est un bateau à fond plat et à bordés développables.


La bette est le bateau par excellence de Martigues et de l’Etang de Berre mais les plus nombreuses ont été construites à Marseille, notamment à L’Estaque.


Considérée par beaucoup comme une embarcation d’eau douce, elle se révèle un bateau de mer remarquable. De nombreux sauvetages doivent inscrits à son actif.


Il s’agit d’un bateau adapté à tous les usages : pêche, battue au gibier d’eau, bornage, plaisance et régates.


Sa propulsion est assurée aussi bien à l’aviron qu’à la voile.


Elle peut être construite aussi bien par des charpentiers professionnels que par des amateurs. Sa facilité, sa rapidité de construction et son faible prix de revient son à la base d’une plaisance populaire qui s’est développée à la fin du XIXe siècle.


Construite sans quille, l’administration la désigne sous le nom de « bateau plat ».


Les nombreuses bettes qui faisaient le charme des petits ports de la côte provençale ont disparu dans les années 1950-1960. Aujourd’hui, il n’en subsiste pratiquement plus.


 












La bette de régate


Les premières régates de bettes dans la rade de Marseille remontent à 1909. Elles courent entre elles dans plusieurs séries.


Quoique d’essence populaire, les bettes se comportent honorablement dans le monde bourgeois du yachting marseillais.


L’âge d’or des régates de bettes se situent entre les deux guerres.


A la fin des années 1930, on assiste à une « course à l’armement ».


La tonture si harmonieuse devient rectiligne. Le pont gagne en superficie et ne laisse qu’un étroit cockpit pour l’équipage. La surface des voiles augmente. Quelquefois un spinnaker (en soie !) est ajouté. L’étrave devient verticale, cassant la silhouette classique de la bette. En 1932, Alphonse Cyprien-Fabre, président de la Société Nautique de Marseille s’écrit :

« Les nouveaux champions de la série sont tout ce que l’on voudra, ce ne sont pas des bettes ».


La course à l’armement a finalement tué le sympathique mouvement des bettes de régate à voiles. Le Seconde Guerre Mondiale l’achèvera définitivement.


Les constructeurs de bettes les plus réputés étaient Mouren et Turcon de L’Estaque.


Des régates à l’aviron avec des bettes spéciales et des courses de bettes à moteur ont également été organisées.

       













La nacelle


Semblable à la bette de par ses formes, la nacelle en diffère quelque peu, surtout par le principe de sa construction. Pour le profane il s’agit de la même embarcation. Pour un œil peu averti, on remarquera que la nacelle est dépourvu de capian au contraire de son homologue martégale.


La nacelle est essentiellement un bateau du Languedoc, c’est donc un bateau d’étang. Ce qui ne l’empêche nullement de s’aventurer en mer à l’occasion et d’y naviguer honorablement. Cependant sa robustesse est moindre.


Naviguant souvent en eaux peu profondes, la nacelle se propulse aussi à la perche. La voile latine et les avirons sont également présents à bord de cette embarcation.


On la rencontre dans tous les étangs du littoral languedocien, étangs de Thau surtout.


En Camargue jusque vers 1965, on trouvait autant de nacelles que de bettes.


Dans l‘étang de Thau, la nacelle a constitué l‘embarcation de choix pour les parqueurs, ostréiculteurs et mytiliculteurs. Elle est remplacée aujourd’hui par des bacs ostréicoles venus du bassin de Marennes-Oléron, plus pratiques avec leur capacité d’emport accrue.

















Le sapinou


Le sapinou est l’ultime évolution de la nacelle du Languedoc. I


Il s’agit à la fois d’une adaptation au monde du travail et aux nouveaux matériaux.


Les premiers sapinous ont consisté en de simples nacelles tronquées à l’arrière pour y monter un tableau doté d’un moteur hors-bord, plus souple d’emploi pour la topographie de l’étang de Thau.


L’exploitation des parcs à huîtres a exigé par la suite des bateaux de plus en plus larges.


La fibre de verre et la résine polyester ont permis de satisfaire les demandes des « parqueurs » en même temps qu’une amélioration des formes : étrave incurvée et tulipage de l’avant.


D’emport plus faibles que les nouveaux bacs, les sapinou appartiennent maintenant au passé mais restent le témoin d’une évolution et d’une adaptation.

















La catalane


Comme son nom l’indique, la catalane est une embarcation originaire de la Catalogne, aussi bien du côté espagnol que du côté français.


Elle est devenue emblématique des villes de Sète et de Palavas et plus curieusement de Marseille. Il ne faut pas oublier que dans cette dernière cité, une importante colonie de pêcheurs catalans était installée.


Des barques catalanes ont été régulièrement armées à Marseille jusque vers 1920 environ.


La catalane est un véritable bateau de mer capable de s’aventurer fort loin.


Proportionnellement, la catalane est le bateau à voile latine qui comporte la plus grande surface vélique. Il est rare d’y trouver un foc d’appoint.


Les catalanes ont été motorisées assez tard vers 1930 mais leurs coques fines étaient mal adaptées et il a fallu élargir leurs lignes arrières.


Les barques catalanes ont été progressivement remplacées par des coques inspirées des barquettes marseillaises entre 1935 et 1950.


Les dernières catalanes qui naviguent appartiennent à des amateurs qui les sauvegardent heureusement.
















Le rafiau de Toulon


Le rafiau toulonnais est avant tout un bateau de passage, un bateau-batelier.


Le terme de rafiau est attesté dès 1836. Véhiculée hors de la région toulonnaise par les marins de l’Etat, elle sera orthographiée « rafiot » et hors de son contexte, le « petit bateau » deviendra un « mauvais bateau ».


Le rafiau toulonnais assure le service de la rade et les bateliers effectuent la navette entre les quais et les bâtiments de la Marine Nationale.


On rencontre des rafiaus en dehors de l’aire toulonnaise : à l’est vers les Salins d’Hyères et à l’Ouest vers Bandol.


Les formes du rafiau épousent un profil rentrant.


Du fait de son utilisation spécifique, l’intérieur est aménagé pour le transport de passagers. Quand le rafiau fait son plein de matelots, le batelier les fait participer à leur transport en ramant. Le batelier alors se tient à la barre.


Pour exercer leur activité en toute légalité les bateliers doivent détenir un permis. Le rafiau n’étant pas utilisé à la pêche, sa coque est toujours peinte en blanc ou avec une teinte claire.


Les derniers rafiaus ont complètement disparu aux alentours des années 1925.



















Le tarquier de la côte des Maures


Le tarquier est bien défini et localisé sur le portion de littoral comprise entre les ports du Lavandou et de St-Raphaël en passant par Cavalaire , St-Tropez et Ste-Maxime.


La particularité du tarquier est d’être gréé avec une voile à livarde (« a tarchia » en italien). Bien que moins répandue que la voile latine, la voile à livarde occupe une place à part entière dans la tradition méditerranéenne.


Vers 1920, la voile à livarde cède cependant la place à la voile latine ou à la voile arabe (qui se différencie de la latine par la pointe avant tronquée).


Le tarquier sert à la pêche au gangui mais aussi au transport  à travers le golfe de St-Tropez.


Sa coque se différencie peu de celles des autres bateaux de la région. Sa principale caractéristique est l’absence de plat-bord avec des tolets pour les avirons déportés à l’extérieur de la coque et traversant un simple liston.


Les tarquiers étaient habituellement tirés sur le sable car le port de St-Tropez, jusqu’en 1920, était interdit aux pêcheurs et exclusivement réservé au commerce.



















Les bateaux de Nice et de Cannes


Les barques de Cannes sont aussi désignées sous le nom de « gourses cannoises ».


On distingue comme à Nice, deux groupes principaux d’embarcations : les barques à éperon et les barques dépourvues d’éperon.


L’étrave des bateaux à éperon de Cannes est beaucoup plus massive que celle de leurs homologues de Nice.


Les barques de Cannes destinées à la promenade doivent leur gréement au tiers à l’influence des Anglais en villégiature dans cette ville au XIXe siècle.


Les barques de pêche de la Baie des anges à Nice pêchaient à une faible distance du rivage. La senne de plage, la « saviga », qu’elles mettaient en œuvre étaient tirées depuis le rivage. Les dernier bateaux et pêcheurs qui utilisent ces techniques, le font pour la pêche à la « poutina » (alevins de sardines) vers le mois de mars seule période encore autorisée.


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         Les quais de La Ciotat il y a...quelques années !

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